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Musée de l'étang de Thau

L'étang de Thau

 

Caractéristiques géographiques

I. Superficie
II. Profondeur
III. Origine et mouvement des eaux


Données socio-économiques

I. Histoire de l'occupation humaine autour du bassin
II. Le fonctionnement administratif de l'étang
III. Les productions économiques


Les oiseaux de l'étang de Thau

I. La répartition dans le temps
II. Le fonctionnement des communautés biologiques


Diaporama

 

 

Musée de l'étang de Thau

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Musée de l'étang de Thau

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Musée de l'étang de Thau

 

Données socio-économiques de l'étang de Thau

 

Histoire de l'occupation humaine autour du bassin de l'étang de Thau

Ce n'est qu'à la fin du Néolithique (époque Chasséenne), que l'homme semble s'installer près de l'étang. Probablement pêcheurs, les chasséens n'occupaient peut-être les rives de l'étang que temporairement.
Au Chalcolithique (âge du cuivre - 2 000 ans), de nouvelles traces de présence humaine ont été retrouvées à Mèze, à Balaruc-le-Vieux (silex taillés, céramiques).
Mais c'est surtout à la fin de l'âge du Bronze (- 1 000 ans), que l'implantation se manifeste nettement : plusieurs traces de foyers, situés actuellement sous deux mètres d'eau dans l'étang, ont été retrouvés (Marseillan, Balaruc-le-Vieux ,...). Un habitat riverain, voire lacustre, existe à cette époque. Le niveau de l'étang, et donc de la mer, à deux mètres au-dessous du niveau actuel, témoigne d'un climat encore froid.

L'âge de Fer voit encore une augmentation de la présence humaine. Certains sites s'aménagent et deviennent des points de fixation. Ils joueront, tels quels, un rôle important jusqu'au Moyen Âge (Balaruc-le-Vieux, Mèze).
Des amphores étrusques (- 600 ans), puis des monnaies provenant de Syracuse (- 250 ans), indiquent l'existence d'un commerce déjà florissant.
Mais c'est l'époque Gallo-romaine (- 100 à + 300 ans) qui constitue le phénomène historique et démographique le plus impressionnant. La fondation des villes (Le Barrou, Balaruc), la construction de voies ou d'aqueducs montre la prospérité du littoral à cette époque.
La pêche, notamment des huîtres, que les gallo-romains consommaient en grande quantité et dont ils faisaient commerce, le thermalisme (qui débute vers les années 50 de notre ère), font de l'étang de Thau un centre économique et social important.

Même à la fin du IIIe siècle et au cours du IVe et du Ve, la grande crise économique, politique, financière, sociale du monde gallo-romain semble moins ressentie sur les bords de l'Étang dont l'exploitation a pu même être un élément de nouvelle (mais brève) prospérité en ces périodes de déstabilisation.

  Le fonctionnement administratif de l'étang de Thau

L'étang de Thau fait partie du domaine public maritime : l'Etat en est donc le propriétaire foncier.

Sur le plan du découpage administratif, sept communes se partagent l'étang : Sète, Marseillan, Mèze, Loupian, Bouzigues, Balaruc-le-Vieux, Balaruc-les-Bains.

La maîtrise foncière de l'Etat impose que les activités économiques doivent être le seul fait de professionnels (pêche, conchyliculture).

Le Service des Affaires Maritimes est l'organisme public chargé du fonctionnement et du contrôle des activités économiques sur l'étang. Toutefois, toute une série d'activités (nautiques notamment) peuvent exister également.

Ajoutons que la directive nationale relative à la protection et à l'aménagement du littoral (Août 1979) interdit désormais toute conquête de terrain sur l'étang (remblaiements) et toutes constructions sur une bande littorale de 100 mètres.

Etang de Thau

 

Les productions économiques de l'étang de Thau Pêche -  Etang de Thau

III. 1 La Pêche

Le prélèvement des différentes espèces animales consommables vivant dans l'étang est une activité traditionnelle qui concerne plus ou moins directement de nombreuses personnes et qui connaît actuellement de profondes mutations.
La "pêche-loisirs" est pratiquée par de nombreux amateurs, récoltant pour une consommation familiale et occasionnelle diverses espèces: Huîtres, Palourdes, Clovisses, Moules, Crevettes, Crabes, Oursins, Anguilles, Daurades, Loups, ...

Toutefois on assiste à un impact de plus en plus important de cette pêche, de la part de quelques non professionnels, qui, sur les gisements coquilliers, exploitent de manière abusive les ressources du milieu.

Les pêcheurs professionnels de l'étang sont des "Marins de la Marine Marchande" (anciennement "Inscrits Maritimes"). Ils sont adhérents des différentes prud'homies (Bouzigues, Mèze, Marseillan, Sète ; regroupées dans la Prud'homie générale du Bassin de Thau).
Les Prud'homies sont des organismes socio-professionnels qui gèrent l'organisation de la pêche sur l'étang (déclarations, tirage au sort des ports de pêche, contrôle technique du matériel, nombre et nature des installations. Elles font appliquer la réglementation générale, mais élaborent aussi des règlements internes. Les Prud'hommes, élus pour trois ans, peuvent également infliger des amendes aux contrevenants.
Les pêcheurs sont déclarés "patrons" (propriétaires de leur bateau et ayant au moins deux ans d'expérience). Les apprentis ou "matelots" sont embauchés par des patrons et acquièrent ainsi leur expérience.

La pêche est avant tout une activité diversifiée. En fonction de la saison, des conditions météorologiques, de la réglementation, les pécheurs s'intéressent à certaines espèces de poissons ou à certaines espèces de coquillages.

Les poissons sont essentiellement capturés à l'aide de filets ("trémails" ou filets verticaux"capetchades").
Le tirage au sort des postes est effectué en Mars entre les adhérents des Prud' homies. Les filets doivent être en place à l'automne (Août et Septembre). Quelques lignes (tenues en main, palangres, lignes flottantes) sont aussi utilisées.
Les Anguilles représentent les captures les plus importantes. D'Octobre à Février, elles sont capturées par des filets verticaux, notamment quant les vents amènent la nourriture et troublent l'eau des bords de l'étang.
Les Daurades (Juillet à Octobre), les Loups (en hiver), les Muges, les Joëls (Athérines), les Soles sont les autres principales espèces pêchées. Les chiffres de production sont difficiles à obtenir et les données établies ci-dessous pour l'année 1971 sont des indications très générales.

ESPÈCES PRODUCTION EN TONNES

Anguille1 340
Muge320
Loup170
Daurade120

On estimait à cette époque la production annuelle de poissons à environ 100 kg / ha.
Une évolution dans l'abondance des espèces est constatée. Si certaines espèces semblent se maintenir (Loups, Soles) ; d'autres deviennent plus rares (Muges) ou de taille réduite (Daurades), probablement pour des raisons de surexploitation.

Les coquillages les plus recherchés par les pêcheurs et prélevés sur des gisements naturels sont les Huîtres (plates), les Moules, les Palourdes et les Clovisses. Pour les recueillir, on utilise des dragues tirées par les barques à moteur, ou des "clovissières" utilisées à la main à partir des barques ancrées.

Les productions de ces dernières années (en tonnes) :

 1962196519681971197419771980
Huîtres481444016472113
Moules345733173602101,55,6
Palourdes132109256146282172277
Clovisses355328612255238,520

On constate donc de très grandes variations de production d'une année sur l'autre.

Plusieurs causes peuvent être avancées :

- Il y a sans doute un appauvrissement des gisements coquilliers : ainsi vers 1956-1957, on pouvait récolter plusieurs centaines de kilos de moules en quelques heures (10 000 Tonnes de production en 1957). Il y a quelques années, on estimait pour un pêcheur des récoltes moyennes quotidiennes à :

50 kg de moules
20 kg d'huitres ou de clovisses
5 kg de palourdes.

Actuellement il n'y a pratiquement plus de moules sauvages dans l'étang.

- La "Malaïgue", sorte d'empoisonnement de l'étang (qui affecte en particulier poissons et coquillages), dû à une diminution du taux d'oxygène dans l'eau, qui entraîne l'apparition de vases putrides avec émanation de gaz sulfureux, provoque de temps à autre de grosses mortalités (1971, 1975). La situation est ensuite aggravée par la lenteur de reconstitution des stocks.

- Depuis l'abandon du rejet d'eaux usées, la baisse de la quantité de matière organique apportée à l'étang a sans doute influé la productivité en coquillages.

- L'augmentation de la salinité (mise en cause par certains, niée par d'autres), qui serait due à des pluviométries plus faibles ces dernières années et surtout la diminution des apports d'eau douce de ruissellement, pourraient avoir des incidences notables sur la productivité.

Les coquillages (Palourdes, Clovisses surtout) prélevés dans les zones insalubres des Eaux Blanches doivent transiter par le bassin d'épuration à l'ozone avant d'être commercialisés. Certains pêcheurs capturent aussi des Oursins ou des Crabes. Ces derniers sont destinés à l'alimentation des unités aquacoles.

III. 2 La Conchyliculture

L'organisation de la conchyliculture
L'étang de Thau manifeste de grandes possibilités par rapport à la culture des coquillages : diversité et abondance du phytoplancton dont se nourrissent ces animaux, eaux moyennement profondes et chaudes. De plus l'immersion continuelle des coquillages permet une croissance plus rapide que sur l'Océan où le phénomène des marées diminue la productivité. Par contre, les variations de la salinité des eaux et d'abondance du plancton tout au long de l'année semblent, à priori, des handicaps.

Dès 1875, une première concession conchylicole fut accordée dans les canaux de Sète (retirée en 1907 à cause des risques de typhoïdes dus à la pollution). Le principe des concessions fut ensuite étendu à Bouzigues (1908) puis à l'ensemble des zones favorables (la délimitation des zones salubres apparut en 1945). Jusqu'en 1970, le parc conchylicole, situé sur la côte nord de l'étang, représentait 600 ha (dont 236 de concessions proprement dites). On y comptait 529 concessions réparties en fonction de leur superficie.

Taille de la concession Pourcentage avant 1970 Pourcentage en 1972
Moins de 12,5 ares 5 % 0 %
12,5 ares à 25 ares 16 % 58 %
25 à 50 ares 50 % 26 %
50 à 100 ares 22 % 13 %
Plus de 100 ares 7 % 3 %


En 1966, un remembrement de ce parc fut décidé, avec les objectifs suivants :

- augmenter la surface conchylicole à 1 300 ha (dont 352 ha de concessions représentant plus de 2 800 tables) pour aérer les   installations et augmenter les productions,
- adopter un seul type de table d'exploitation,
- répartir ces tables de façon régulière à l'intérieur du parc.

Ce remembrement fut entrepris en 1970. En 1972, il existait 871 concessions.
En même temps fut créée la Coopérative des Cinq Ports (Marseillan, Mèze, Bouzigues, Sète, Balaruc), propriétaire des installations (tables, mas) qu'elle met à disposition de ses adhérents. En 1971, 526 personnes étaient concessionnaires. Parmi elles, 166 avaient une autre activité (la pêche et la viticulture) et 266 (50 %) étaient marins (inscrits Maritimes). Dix ans après (1981), sur un total de 524 concessionnaires, 96 ont une autre occupation professionnelle et 375 d'entre eux sont marins. La conchyliculture évolue donc vers une professionnalisation de plus en plus grande.

Techniques de la conchyliculture
Dans les secteurs conchylicoles, sont disposées régulièrement des tables (plates-formes de 50 mètres sur 12 mètres) métalliques ou en bois reposant sur trois séries de 11 rails de chemin de fer implantées dans l'étang.

Conchyliculture - Parcs à huitres sur l'étang de Thau

Ces tables sont environ à 1,50 mètres au-dessus du niveau de l'eau. Elles sont séparées les unes des autres par des couloirs de 10 mètres. Quatre tables forment un bloc séparé de son voisin par des couloirs de 25 mètres. Ces blocs forment eux-mêmes des îlots distants entre eux de 100 mètres. Ces îlots sont ensuite disposés en colonnes et en lignes. Ces tables servent à la fois à l'élevage des huîtres (ostréiculture) et à celui des moules (mytiliculture). Sur les barres transversales (madriers de bois ou tubes de fer) sont disposés (tous les 50 mètres environ) les différents systèmes porteurs de coquillages.

MouleLes différentes phases de la mytiliculture :
Le naissain (jeunes moules) qui se développe naturellement dans l'étang n'est récolté qu'à l'état de "graine" (moules de 20 mm). Il s'agit d'une espèce spéciale à la Méditerranée, appelée Moule de la Méditerranée (Mytilus galloprovincialis).
Cette "graine" est mise en corde "marseillaise", c'est-à-dire placée dans un double filet de coton, et immergée à 1 mètres de profondeur. Les moules se fixent alors les unes aux autres ou sur la corde en développant leur byssus. Quelques mois plus tard, les moules sont dédoublées pour permettre un développement homogène et efficace de tous les individus et remises sur de nouvelles cordes.
De nombreux animaux profitent aussi de ces supports que constituent les cordes. Non seulement il alourdissent les cordes, mais aussi sont des concurrents alimentaires des moules. Ce sont notamment les Balanes, les Serpules (Vers à coquille calcaire) et les Ciones. Tous ces épibiontes, qui vivent à la périphérie, sont éliminés en relevant les cordes à l'air libre pendant 24 heures.
Près de deux ans après leur première mise en corde, les moules atteignent une taille de 6 à 7 cm environ (40 kg par corde). Elles sont alors récoltées, lavées, calibrées puis commercialisées.

Les différentes phases de l'ostréiculture :
Huitre plateSeule l'huître plate (Ostrea edulis) est spontanée dans l'étang. C'est cette espèce qui est pêchée sur les fonds coquilliers. Elle y est à nouveau élevée actuellement. L'huître portugaise (Crassostrea angulata) plus résistante a été implantée dans l'étang en 1883. Mais en 1970 une épizootie considérable a détruit les stocks d'huîtres portugaises. C'est à cette époque que l'huitre japonaise (Crassostrea gigas) a été introduite dans l'étang. De croissance plus rapide, cette dernière a complètement remplacé de nos jours l'huître portugaise.

Le naissain (jeunes huîtres) est importé du Japon ou des Côtes Atlantiques. Il arrive fixé sur des coquilles d'huîtres ou de Pecten appelées collecteurs. Ces collecteurs sont placés en série sur des fils de fer ou des cordes et immergés pendant six à huit mois (là aussi on relève parfois les cordes pour éliminer les épibiontes. A ce stade, les huîtres ont une taille de 5 à 6 cm. Pour permettre une meilleure croissance, on sépare les huîtres jusque-là en amas (détroquage), pour les coller au ciment prompt sur des barres Je bois imputrescibles (palétuviers) ou des cordes de nylon suspendues verticalement aux tables d'élevage. Parfois, les huîtres sont mises à grossir dans des sacs ("pochons"). Le cycle total (de la réception des collecteurs à la commercialisation des huîtres) dure prés de deux ans.

Productions de la conchyliculture :
Les parcs conchylicoles ont bien sûr une production globale plus homogène que les fonds coquilliers naturels. On observe cependant des variations assez nettes, dues aux données climatiques, aux maladies (huître en 1971), à la réorganisation des parcs.

Le tableau suivant donne les résultats de l'élevage (en tonnes) :

 1962196519681971197419771980
Huîtres12006901280814298949553096
Moules4827513354238125747059304986

La commercialisation des produits conchylicoles :
Les coquillages une fois récoltés doivent transiter par des installations spécifiques où ils subissent des traitements visant à améliorer leur qualité sanitaire (lavage, épuration) et permettre leur conditionnement et leur expédition (stockage, étiquetage des bourriches).
Au delà, d'autres contrôles sont effectués sur la qualité du milieu d'élevage, sur les installations de production, de traitement ou d'expédition ainsi qu'à la vente des produits. L'Institut Scientifique et Technique des Pêches Maritimes est chargé des contrôles jusqu'à la commercialisation (observation du milieu, délivrance des étiquettes). D'autres services (Services vétérinaires, Action Sanitaire et Sociale, Affaires Maritimes) assurent aussi les contrôles, notamment à la vente. La commercialisation est effectuée directement par les parqueurs (coopératives) ou bien par les mareyeurs. Trois quarts de la production transitent par des grossistes, le quart restant étant dirigé sur des points de vente directs; ensemble du littoral méditerranéen, mais aussi côte Atlantique (où sont expédiées de jeunes huîtres pré-grossies dans le bassin de Thau et qui vont achever leur croissance sur les parcs de cette région), région lyonnaise et agglomération parisienne. Le bassin de Thau représente environ 25 à 30 % de la mytiliculture et 5 % de l'ostréiculture française.

Source documentaire : fiche technique d'étude du milieu "l'étang de Thau"
Les écologistes de l'Euzière - Prades-le-Lez
Téléphone : 04 67 59 54 62